Les 7 mensonges du Maire de SMH

Le Maire et sa première adjointe ne perdent pas une occasion d’annoncer l’ouverture prochaine du centre commercial Neyrpic, mais il s’agit surtout de créer, voire d’entretenir la confusion allant souvent jusqu’au mensonge. Nous en avons recensé plusieurs.

1. Première pierre : dans ses vœux, le Maire annonce la pose de la première pierre et le début des travaux en juin 2019. Nous aussi nous pourrions bientôt poser la première pierre du projet alternatif. Nous rappelons que, depuis février 2008, il y a donc 11 ans, la Mairie annonce l’ouverture du centre commercial dans trois ans !

2. En novembre 2017, au lieu de faire savoir aux habitants le démarrage de l’enquête publique sur le deuxième permis de construire, la Mairie – ou le promoteur – a installé deux grands panneaux  « ouverture en 2020 ». Qu’est-ce qui les empêchait de faire de cette enquête publique l’expression de l’enthousiasme des Martinérois pour ce projet qui a tant d’avantages à leurs yeux ?

3. Le Maire annonce fièrement que le premier permis (il y en avait 4 en fait !) est « confirmé par le Conseil d’État », ce qui aurait, pour lui, comme conséquence de « renforcer la légitimité du projet et ainsi consolider le second permis ». Or le Conseil d’État n’a pas jugé ce projet, il a juste refusé de statuer sur une demande de cassation pas assez argumentée juridiquement.

Effectivement, les premiers permis, datant de 2012, sont maintenant purgés de tout recours mais on se demande comment le promoteur pourrait acheter ce terrain pour envisager d’y construire un projet qu’il a lui-même qualifié de « pure folie, complètement obsolète » lors de la réunion publique à L’heure bleue le 24/10/17.

De plus, ce refus du Conseil d’État ne concerne absolument pas le second permis et ne le consolide donc pas.

4. Pré commercialisation
Si elle se fait, ce dont on peut douter fortement, vu le contexte actuel de baisse de l’activité commerciale, on ne peut pas imaginer que ce soit sur le premier projet. Et le deuxième n’est pas près d’être construit.

5. Projet largement soutenu par les habitants dans l’enquête publique.
Les habitants de SMH n’ayant pas su qu’il y avait une enquête publique, ont été très peu nombreux à exprimer un avis favorable : juste une liste de 200 signatures a été apportée qui n’a pas vraiment de sens. Une enquête publique n’étant pourtant pas un référendum, cela visait à faire un nombre plus grand que ceux des contributions défavorables, pas toujours reconnues comme telles, du reste, contributions étayées d’arguments de poids et apportant des propositions constructives pour que SMH ait enfin un vrai centre ville.

La plaquette de commercialisation du projet montre bien qu’il ne s’adresse pas aux Martinérois, mais à une population aisée, plus nombreuse qu’ailleurs, dans le Grésivaudan par exemple, sur une zone de chalandise de 615 000 habitants !

Cette plaquette insiste sur la proximité de la rocade où passent 80 000 véhicules par jour, mais on voudrait nous fait croire qu’il n’en passerait que 5000/jour sur l’avenue Péri, soit 2500 qui viendraient au centre commercial et repartiraient sur la rocade… Comment viendraient les 7 millions de visiteurs attendus dans l’année, principalement du Grésivaudan parce qu’ils ont de l’argent ?

6. Soutien de la Métropole

Un débat a eu lieu à la Métro, mais il ne portait que sur le déclassement d’une rue que la Ville avait « laissé partir » à La Métro lors de la métropolisation en janvier 2015.

La ville a toujours refusé de transférer cette Zac à la Métro ainsi que de rentrer dans les dispositif « cœurs de ville, cœur d’agglo » avec lequel la Métro aurait pu soutenir, y compris financièrement, la création d’un vrai centre ville pour SMH. Elle ne perd pas une occasion de dénoncer le fait que la Métro apporte une aide financière à Grand Place, mais La Métro en finance que des espaces publics en partenariat avec la société gérante de Grand Place. Et nous dénonçons le fait que dans le projet Neyrpic, il n’y ait pas un m² d’espace public !

7. Lieu de vie composite et innovant

composite = formé d’éléments disparates, hétéroclite.

Innovant, mais il s’agit d’un projet du siècle dernier ! Seul projet de cette taille, avec un autre à St Etienne, sur les 10 centres commerciaux de périphérie envisagés en 2019 en France (deux projets Apsys)

Le monde 02/01/2019 : Les difficultés des « gilets jaunes » sont pour une grande part la conséquence de la politique d’urbanisme mise en œuvre dans notre pays depuis cinquante ans. Pour la faire courte, celle-ci a consisté à vider les villages, bourgs et villes petites et moyennes d’une grande partie de leurs habitants et activités au profit de périphéries sans âme et sans vie. Cette politique, à laquelle peu de territoires ont échappé, s’articule autour du triptyque : étalement urbain de l’habitat, centre commercial et voiture individuelle.

De plus, la première adjointe Michèle Veyret s’offusque des critiques d’Eric Piolle contre le projet Neyrpic, effectivement en contradiction avec toutes les orientations d’urbanisme de la région urbaine (SCOT) et de la Métro, avec comme argument : SMH a bien le droit de se développer ! Mais de quel développement s’agit-il ? De toujours plus de consommation ? on voit bien avec avec la fracture sociale, avec le mouvement des gilets jaunes, avec le bouleversement climatique, dans quelle impasse cela nous conduit.

Nous pensons qu’un autre projet est nécessaire sur ce site pour que la ville se développe dans une dynamique économique et au service du développement social et culturel des habitants, dans le respect de leur cadre de vie et dans une Métropole équilibrée.

1 commentaire sur « Les 7 mensonges du Maire de SMH »

  • Bravo pour votre combat pour l’urbanité. L’urbanité à Saint-Martin d’Hères et dans toute l’agglomération grenobloise, puisque ce projet de centre commercial impactera gravement toutes les communes de la Métro.
    Le développement commercial anti-urbain qui, depuis 60 ans, a enlaidi et dévalorisé tout le territoire de la métropole doit être stoppé, et une nouvelle conception du commerce en ville doit s’imposer. Ce sera un enjeu pour les prochaines municipales. Le contre-projet Neyrpic peut en être une pièce maîtresse.
    Actuellement résident en Saône-et-Loire, je m’installe à Grenoble dans moins de deux mois.
    Je participerai activement à votre mouvement.

    Marc Huret, urbaniste

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